Partager l'article ! polémique pour la preservation du patrimoine juif en Egypte: L’Egypte est en paix avec Israël depuis 1979, ...
L’Egypte est en paix avec Israël depuis 1979, mais sur le terrain les préjugés du peuple égyptien n’ont pas disparu. La préservation des sites historiques de l’ancienne communauté juive en est un bon exemple.
Le quartier juif du Caire, privé de ses anciens habitants, abrite une ancienne synagogue dont le toit n’existe plus. Le gouvernement a décidé de la faire rénover, mais en ces temps où les sentiments anti-israéliens sont exacerbés en Egypte, les travaux ne sont pas bien accueillis par tout le monde.
La synagogue Ben Maimon témoigne des relations contradictoires des Egyptiens à l’égard de l’histoire de la communauté juive sur leur territoire.
Une importante communauté juive, qui prospérait autrefois au cœur du pays le plus peuplé du monde arabe, a laissé des traces de sa présence : des grandes synagogues du Caire et d’Alexandrie au tombeau d’un érudit dans un village du delta du Nil. Mais aujourd’hui, l’intérêt des Egyptiens pour ces reliques va de l’indifférence à l’hostilité.
Les travaux ont commencé dans la synagogue, mais les voisins ne voient pas la chose d’un bon œil. « Nous n’avons pas assez de nourriture et d’eau propre. Pourquoi gaspiller de l’argent à rénover ces temples étrangers ? », se plaint Mahmoud Fahim, un commerçant musulman du quartier.
Et d’ajouter : « Il s’agit d’un acte superflu visant à redorer le blason de l’Egypte aux yeux de l’Occident et d’Israël. » Fahim n’est peut-être pas loin de la vérité. On se souvient de la déconfiture du ministre égyptien de la Culture, qui croyait être élu président de l’UNESCO et qui a prétendu que son échec était dû à une conspiration juive « concoctée à New York. »
Il est vrai que le début des travaux a coïncidé avec le début de la campagne égyptienne pour l’élection de Hosni à la tête de l’UNESCO. D’aucuns ont donc avancé l’hypothèse que ces rénovations visaient en fait à améliorer l’image du ministre candidat à la direction de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, alors que ce dernier s’était fait très mal voir en menaçant de brûler personnellement les livres israéliens qu’il trouverait dans les bibliothèques de son pays.
Hosni avait présenté ses excuses et Israël avait alors retiré son opposition à sa nomination, mais il a fort heureusement été battu par sa rivale bulgare.
« Ce sont les Israéliens qui ont fait perdre Farouk Hosni, alors pourquoi essayons-nous de leur faire plaisir en rénovant leurs temples », s’indigne Sayed el-Iraqi, propriétaire d’un magasin de jouets près de la synagogue.
Hawass, l’archéologue, a nié que ces rénovations avaient un quelconque lien avec la candidature de Hosni à l’UNESCO et qu’elles se poursuivraient.
La communauté juive d’Egypte qui remonte à un millénaire et qui comptait quelque 80 000 âmes dans les années 40, ne comprend plus qu’une dizaine de personnes âgées. Le reste de la communauté a fui les violences et persécutions encouragées par le gouvernement après la création de l’Etat d’Israël. Israël et l’Egypte ont fait la guerre une fois tous les dix ans jusqu’à la signature du traité de paix de 1979. Malgré l’accord, des stéréotypes antisémites apparaissent souvent dans la presse égyptienne.
Certains responsables du gouvernement ont un langage plus tolérant. « Les sites juifs sont une partie appréciable de notre héritage et nous attachons beaucoup d’importance à leur préservation et à leur développement, comme nous le faisons pour les mosquées et les églises en Egypte », déclaré Zahi Hawass, l’archéologue en chef de l’Egypte et responsable de la rénovation de la synagogue.
Des sites juifs historiques existent dans la ville d’Alexandrie, dans le village de Nekraha du delta du Nil, où les fidèles juifs faisaient un pèlerinage annuel au tombeau de Rabbi Abou Hatzira, un rabbin du 19e siècle.
par Yael Ancri